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Ville la plus visitée au monde en 2025 : Bangkok en volume, Paris en attractivité

Manon Deschamps-Laborde 6 min de lecture
Ville la plus visitée au monde 2025 : arrivée à Bangkok et Paris

Publié par : — Rédactrice spécialisée en voyage

Bangkok est la ville la plus visitée au monde en 2025, avec 30,3 millions d’arrivées internationales, selon le classement d’Euromonitor International. Elle devance Hong Kong et Londres. Paris arrive en neuvième position pour la fréquentation internationale, mais occupe la première place de l’indice global des destinations urbaines : ces deux résultats mesurent des réalités différentes.

Les 10 villes qui accueillent le plus de voyageurs internationaux

Le classement par arrivées internationales mesure le volume de tourisme entrant, et non l’ensemble des personnes présentes dans une destination. Les voyages domestiques n’y figurent pas. Les chiffres ci-dessous correspondent aux volumes annoncés pour 2025 par Euromonitor International ; il convient de les distinguer d’un bilan statistique définitivement consolidé.

Infographie de la ville la plus visitée au monde 2025 et du classement des dix villes par arrivées internationales
Infographie de la ville la plus visitée au monde 2025 et du classement des dix villes par arrivées internationales
Rang Ville Pays ou territoire Arrivées internationales
1 Bangkok Thaïlande 30,3 millions
2 Hong Kong Chine, région administrative spéciale 23,2 millions
3 Londres Royaume-Uni 22,7 millions
4 Macao Chine, région administrative spéciale 20,4 millions
5 Istanbul Turquie 19,7 millions
6 Dubaï Émirats arabes unis 19,5 millions
7 La Mecque Arabie saoudite 18,7 millions
8 Antalya Turquie 18,6 millions
9 Paris France 18,3 millions
10 Kuala Lumpur Malaisie 17,3 millions

Londres est la ville européenne la mieux classée, devant Istanbul, métropole située entre l’Europe et l’Asie. La présence d’Antalya rappelle que le tourisme urbain ne se limite pas aux capitales culturelles : une destination balnéaire peut également accueillir des flux internationaux considérables.

Autre enseignement : ce palmarès rapproche des villes aux fonctions très différentes. Les séjours d’affaires, les vacances, les visites à des proches et les pèlerinages peuvent contribuer à la fréquentation. Il ne s’agit donc pas uniquement d’un classement des destinations de loisirs.

Bangkok et Paris : deux premières places, deux mesures

Les arrivées comptent des séjours, pas des personnes uniques

Une arrivée internationale correspond ici à la venue d’un voyageur depuis l’étranger, avec au moins une nuit sur place. Une excursion à la journée ne relève donc pas de la même mesure. De même, une correspondance aérienne sans séjour dans la ville ne doit pas être assimilée à une visite touristique.

Le mot « visiteurs » est commode, mais il peut prêter à confusion : une même personne effectuant plusieurs voyages peut générer plusieurs arrivées. Ce volume n’indique ni la durée totale des séjours, ni les dépenses, ni le nombre de voyageurs distincts. Il ne permet pas davantage de mesurer, à lui seul, la saturation des quartiers touristiques.

L’indice global évalue aussi les conditions d’accueil

Le Top 100 City Destinations Index d’Euromonitor International analyse 100 villes à partir de plus de 50 indicateurs. Il considère notamment la performance touristique, les infrastructures, les politiques publiques, la santé et la sécurité, la durabilité environnementale ainsi que l’activité économique et commerciale.

Paris se classe première de cet indice global pour la cinquième année consécutive. Cette position ne signifie pas qu’elle reçoit davantage de visiteurs internationaux que Bangkok : elle traduit une évaluation plus large de la destination.

Le bon filtre de lecture consiste à associer chaque question au bon indicateur : les arrivées renseignent sur les flux ; les nuitées, sur le temps passé ; les dépenses, sur les retombées économiques. Pour choisir un séjour agréable, il faut encore regarder la concentration des visiteurs dans l’espace et dans le calendrier. Une ville très fréquentée peut rester confortable hors des lieux et des heures les plus demandés.

Pourquoi Bangkok dépasse les autres grandes destinations

Une porte d’entrée qui donne aussi envie de rester

Bangkok bénéficie de deux aéroports internationaux, Suvarnabhumi et Don Mueang, et joue un rôle de porte d’entrée vers les autres régions thaïlandaises. Cette connectivité facilite son intégration dans des itinéraires associant capitale, plages et étapes culturelles.

Sur place, les réseaux BTS et MRT, les liaisons fluviales, l’offre hôtelière et les services numériques permettent d’organiser des séjours variés. Ces infrastructures ne suppriment pas les difficultés de circulation, mais elles offrent plusieurs façons de se déplacer et soutiennent une importante capacité d’accueil.

Des expériences qui ne reposent pas sur un seul monument

Temples, palais, quartiers commerçants, marchés et restauration de rue composent une offre qui s’adresse à des profils différents. La gastronomie joue un rôle central : un repas de street food, une promenade au bord du fleuve et une visite culturelle peuvent se combiner dans la même journée. La vie nocturne et les centres commerciaux élargissent encore les possibilités.

Ce succès s’inscrit dans un dynamisme régional plus vaste. Les voyages internationaux des 100 principales villes atteignent environ 702 millions, en hausse d’environ 8 %, tandis que la progression de l’Asie-Pacifique est d’environ 10 %. Le retour du tourisme régional, la connectivité aérienne, les investissements et les facilités de visa contribuent à cette dynamique, sans agir de façon identique dans chaque destination. Macao affiche notamment une hausse de 14 % de ses arrivées.

Des destinations à comparer selon l’expérience recherchée

Le rang donne une mesure de fréquentation, pas une recommandation universelle. Pour préparer un voyage, les différences entre ces villes sont plus utiles que leur seule position dans le tableau.

  • Pour la culture et le patrimoine : Londres associe musées, quartiers historiques et espaces verts ; Paris concentre monuments et collections artistiques ; Istanbul relie patrimoine, marchés et paysages du Bosphore.
  • Pour une découverte urbaine asiatique : Hong Kong combine skyline, gastronomie et dynamisme commercial ; Macao rapproche héritage portugais, casinos et grande hôtellerie ; Kuala Lumpur mêle gratte-ciel et diversité culturelle.
  • Pour les loisirs et le dépaysement : Dubaï mise sur les infrastructures contemporaines, le shopping et les expériences haut de gamme. Antalya se distingue par son offre balnéaire et son patrimoine méditerranéen.
  • Pour un voyage spirituel : La Mecque occupe une place particulière grâce aux pèlerinages. Son accès est réservé aux musulmans et les démarches dépendent du motif du déplacement.

Ces volumes soulèvent aussi des enjeux de gestion des flux : transports chargés, pression sur certains sites, déchets et cohabitation avec les habitants. La durabilité ne se résume donc pas à accueillir davantage de monde. Elle suppose aussi de mieux répartir les visites et de préserver la qualité de vie locale.

Pour le voyageur, quelques choix ont un effet concret : réserver les sites très demandés, privilégier les transports collectifs lorsque c’est possible et explorer au-delà des parcours les plus concentrés. Bangkok domine la fréquentation internationale ; le meilleur choix de destination dépend, lui, du séjour recherché.

Manon Deschamps-Laborde
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